Femme en Détresse. Femme en Quiétude.

Un week-end Extatique…

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Grange Batelière Abbaye de Hautecombe

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Orchestre Symphonique National de la RAI de Torino

Le week-end dernier mon époux et moi-même nous rendions au Festival des Nuits Romantiques organisé en des lieux prestigieux à Aix-les-Bains et l’Abbaye de Haute-Combe. Au programme : orchestres et musiciens rendant hommage aux grands compositeurs classiques romantiques des XVIII et XIXèmes siècles. A écouter la Symphonie Fantastique de Berlioz, la Suite n°1 de Bach au Violoncelle et le sublime « Bachanias Brasileiras n°5 » de Villa Lobos, nous étions là, transis, en proie à la rêverie la plus sublime, nous étreignant l’un l’autre sur le chemin du Souvenir de nos premières Amours…

Mon époux, grand amateur de musique classique, accessoirement joueur amateur de piano et ayant parcouru l’Europe pour admirer les plus grands orchestres, m’expliqua en quoi la Symbolique Romantique de ce Festival était chère à ses yeux : entre autres compositeurs mis à l’honneur lors de ce Festival, tels que Bach et Villa Lobos, je découvrais pour ma part Hector Berlioz, qui composa la Symphonie Fantastique, évoquant l’histoire « d’un jeune musicien d’une sensibilité maladive et d’une imagination ardente, qui s’empoisonne avec de l’opium dans un accès de désespoir amoureux. La dose de narcotique, trop faible pour lui donner la mort, le plonge dans un lourd sommeil accompagné des plus étranges visions, pendant lequel ses sensations, ses sentiments, ses souvenirs se traduisent dans son cerveau malade en pensées et en images musicales. La femme aimée elle-même est devenue pour lui une mélodie et comme une idée fixe qu’il retrouve et qu’il entend partout… »

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Hector Berlioz

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La Symphonie Fantastique

Deux morceaux pour vous mettre « dans le Bain » de ce week-end tragi-romantique…

Ce moment « rien que pour nous » m’amena à discuter de choses et d’autres avec mon mari, sujets délicats que la routine parfois tenace et mélancolique nous empêchait d’avoir en temps normal. De grands projets furent évoqués pour les années à venir, et nous étions plus que jamais sûrs de nous aimer et de vouloir être ensemble jusqu’au bout.

Faire des projets est avant tout une question de confiance. A-t-on assez confiance en l’autre pour se voir auprès de lui encore un, deux, cinq, dix, vingt ans ? Car les projets communs dans le cadre d’un mariage sincère engagent, et ils engagent loin. Par confiance, je veux dire : Sécurité. Car en tant que femme c’est avant tout ce que je recherche. La paix et la sécurité. Quel sentiment atroce et perfide que celui de l’insécurité de la femme…! A l’époque de mon célibat, qui a duré de longues, longues années, je n’ai jamais aussi bien su ce qu’était l’insécurité et le sentiment funeste des lendemains incertains et obscurs. Que n’ai-je prié et pleuré pour trouver Celui qui me rendrait ma dignité… Mais une fois que ce « preux chevalier » m’avait définitivement « dérobée » à ma lente agonie, tout ne fut pas aussi simple que je l’avais espéré.

Le Romantisme comme Socle

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La Tragédie de Phèdre

Il y a encore deux jours donc, nous revenions de ce fabuleux week-end, durant lequel nous nous mîmes à méditer sur le sens véritable du Romantisme, il est vrai quasi-inconnu du commun des mortels. Mon époux ayant fait de longues études de Lettres et de Philosophie, m’expliqua à quel point il trouvait « regrettable et affligeant » que les gens de notre âge (Génération 80’s !) soient totalement absents de ce genre d’événement. Il trouva tout aussi « fâcheux » que la tante que nous accompagnions alors nous pressât d’arriver « bien à l’heure » pour la deuxième partie du concert du samedi soir. Car, déclara-t-il, qu’est-ce que le « Romantisme à l’état pur » sinon l’insouciance, la passion, la folie et le courage d’être ce que l’on est tout au fond de nous, sans crainte d’être jugé et réprimandé par la Doxa pour nos pensées et sentiments « frivoles » ? Il est à noter, si j’ai bien appris ma leçon, que le Romantisme est arrivé en réponse à un moment où le monde se languissait d’un renouveau « spirituel », par les voies littéraire et artistique ; un moment suspendu et fatidique où le monde devait viscéralement combler un vide immense laissé par l’abandon de la Foi Dogmatique et la Tradition Classique de l’Ancien Régime de France.

« Quand la femme obéit à ses instincts,

ce qu’elle aime le plus dans l’homme, c’est l’audace. »

Nous sommes donc tous deux et en parfait accord avec nous-mêmes, ces « fous romantiques », ces incompatibles sociaux et ces dangereux passionnés. Et nous nous plaisons à défier avec audace et arrogance les nouvelles conventions sociales, que nous trouvons absurdes et éphémères.

Toujours est-il que cette atmosphère rare et précieuse nous a insufflé un nouvel élan passionnel : notre Amour est définitivement anachronique, manichéen, et totalement en décalage vis-à-vis des actuels codes sociaux et familiaux. Car oui ! L’amour est violent, l’amour est décevant, l’amour est illusoire…! Nous sommes également les premiers fautifs de nos blessures amoureuses. Mon mari d’ailleurs se plaît à déclarer très solennellement : « On ne tombe jamais amoureux que de soi-même »… Ce que je trouve assez juste.

Je reprends ici mon récit. Comme « toutes les bonnes choses ont une fin », arrive le moment du retour de ce petit voyage romantique. Le retour à la Réalité.

… Virant au cauchemar.

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En temps normal je préfère conduire et mon mari s’en amuse, aimant se faire conduire, justement. J’ai en effet connu deux graves accidents de la route dans ma vie, et à chaque fois j’étais côté passager. Pour le premier nous étions quatre miraculés. Pas une seule égratignure malgré un accident à 160 km/h et une voiture éventrée sur le côté droit par la rambarde de sécurité de l’autre côté de la route. Le deuxième je suis restée quatre mois à l’hôpital, avec un traumatisme crânien sans perte de connaissance et quelques cinq fractures au bassin… Mais miraculée encore une fois (les pompiers ont dû découper la voiture pendant près d’une heure pour m’y extirper).

Cette fois, j’étais si fatiguée par ce merveilleux week-end que c’est lui qui a pris le volant. Parfois cela se passe bien et parfois, cela est terrible pour moi. Si vous avez déjà lu mes précédents articles, notamment celui du Mâle Alpha (Alpha. Duel. Pacifier.), vous savez à qui j’ai affaire… Rapide « anecdote » de l’expérience de ce week-end : mon mari n’a que faire des consignes de sécurité sur la route,parfois il peut lui arriver de rouler à 130km/h au lieu des 90 réglementaires sur une artère d’autoroute en travaux, alors même que c’est parfois grâce à mes remarques qu’il freine au bon moment derrière un énorme poids lourd ; lorsque dans une bifurcation on doit ralentir à 90, puis à 70, puis à 50, cela ne lui fait ni chaud ni froid, et n’en fait qu’à sa tête. Pour lui la sécurité est une affaire de responsabilité et de réflexe au cas par cas… Cela me révolte à l’intérieur, j’ai tellement envie de lui crier dessus, de l’insulter, de lui faire comprendre que mon cœur est sur le point de lâcher, que ma cervelle entre en fusion, que je suis comme liquéfiée de terreur. Mais cela l’indiffère, et toujours un peu plus au fil du temps. Comme il dit, « Tu n’as pas la Foi ! » Oui, mon mari peut parfois être un sale goujat égoïste. Mais le lui faire remarquer m’attirerait les pires ennuis conjugaux, du genre :

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Pourtant, cette fois-ci était la fois de trop. Cette fois-ci, cela m’a véritablement foudroyé le cœur. Habituellement on se dispute brièvement sur la route, cependant que j’essaie de ne pas envenimer les choses (surtout s’il est au volant) et faire appel à sa raison et au fait que je suis vraiment apeurée, en proie à des flash-back sonores et visuels du passé extrêmement violents. Mais là je me suis littéralement éteinte. Et j’ai pleuré, pleuré sous mon manteau, ne regardant même plus la route que d’ordinaire je ne peux m’empêcher de surveiller du fait de la nonchalance chronique de mon mari. Je me disais que de toute façon, en entrant en conflit ouvert avec lui, cela ne me mènerait à rien de rien. Que même si j’étais terrorisée à certains moments, cela était pour lui une question de fierté de ne pas céder à mes demandes de bonne femme, et qu’il ne s’adapterait jamais à cette phobie incontrôlable.

« On a peur, on s’imagine avoir peur. La peur est une fantasmagorie du démon. »

Comme à mon habitude, je me suis barricadée intérieurement. D’un point de vue extérieur, cela se traduit par un calme olympien, une lenteur inhabituelle, un silence des plus rares. Mais mon cœur se trouvait, une fois de plus, dans une peine effroyable. D’ordinaire je me serai braquée, fâchée, rebellée contre lui… Mais je ne compte plus les fois où cette situation s’est produite. Tout se mêlait confusément dans ma tête, et mon front qui me lancinait de douleur. Comment pouvais-je lui faire confiance, comment pouvais-je envisager de tels projets de vie avec un être qui me dérobait en une heure toute la sécurité dont il avait pourtant su m’entourer affectivement et matériellement depuis maintenant deux années ? Pourquoi ces incidents se reproduisaient-ils sans cesse et venaient tout gâcher ? Comment pouvais-je m’en « remettre à lui » sans l’ombre d’une angoisse, sans l’ombre d’une incertitude quant à l’avenir ?

De la Détresse à la Quiétude.

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Ne tenant pas à détruire l’ambiance à la maison et malgré mon sentiment que le week-end se trouvait complètement gâté, je n’ai pu et su que prendre sur moi. C’est alors que j’ai prié si fort Marie de m’inspirer sa Douceur et sa Patience, face aux choses qui m’échappaient complètement, face aux choses devant lesquelles je n’avais aucun remède « humain ». J’étais complètement anéantie, brisée par sa méchanceté et son orgueil, par sa bêtise incomparable de « ces moments-là ».

Tout en priant, j’ai cherché plus loin, plus « fort », pour la millième fois, le moyen de lui pardonner, et surtout de continuer à l’aimer, malgré cette souffrance immense qu’il me causait une fois de plus et pour les mêmes raisons. Et j’ai trouvé. Trouvé comme un trésor caché, enfoui au fond de moi-même, une révélation inattendue et miraculeuse : Et si je me débarrassais purement et simplement de ces peurs que je m’inventais continuellement ? Certes, mon Alpha est un vilain chauffard dénué de compassion pour mes craintes les plus primitives, mais n’en faisais-je pas un peu trop du fait de mes traumatismes passés ? N’exagérais-je pas un peu en le considérant comme littéralement « cruel » et « inapte » à me mettre et me garder en sécurité ? Ne devais-je pas nuancer mes vieilles rancœurs ? N’était-il pas de mon propre ressort de changer cette situation visiblement récurrente ? Et comment trouver cette ressource vitale en moi seule ? C’est alors que je me suis aperçue de façon éclatante que mes accidents avaient considérablement affecté ma Foi et mon bon sens. Les seuls remèdes raisonnables à ce mal étaient tout simplement les suivants :

  • Intégrer le fait qu’ayant déjà eu deux accidents de la route, il était peu probable que cela se reproduise une nouvelle fois (quoique, ne dit-on pas « jamais deux sans trois » ?)
  • Intégrer le fait que mon Alpha de mari n’entendrait jamais, JAMAIS raison en continuant à lui montrer ainsi cette faiblesse douloureuse et parfois ridicule car en dépit de mes lamentations, il agissait ainsi avant par esprit d’opposition et de provocation face à mes « crises » ; il fallait donc ne plus laisser ce conflit nous toucher et l’éloigner de nous coûte que coûte
  • Enfin, trouver et brandir l’arme adéquate, définitive et radicale : et si c’était la Douceur et la Patience ? Car je n’avais aucune chance de « gagner » cette partie en me disputant avec lui et en lui reprochant inlassablement les mêmes choses. De toute manière un homme finit toujours par être immunisé des reproches qu’on lui fait.

En conclusion, le travail à faire doit venir de moi seule, en combattant mes propres peurs, en recherchant ma propre sécurité, par des moyens nouveaux tels que la Douceur et la Raison. Je dois et je peux ! Pardonner et aimer mon mari malgré cet énorme défaut. Cela dit, le fait de me laisser le volant ne le déconcerte pas le moins du monde, étant donné ma conduite douce et soporifique : il me suffit tout simplement de lancer Chopin ou Bach, pour le voir s’endormir comme un nourrisson venant de prendre son biberon au bout de quelques minutes. Je me suis d’ailleurs longtemps dit que cela était très injuste ! Mais ce n’est pas ce constat qui m’aidera à trouver le repos.

Ce repos et cette sérénité tant recherchés pour le bien de mon mariage, me seront rendus possibles que lorsque je serais, dans la sincérité de ma Foi renouvelée, fermement et obstinément capable de rejeter cette sentence si chère à mon cœur : « Quoi de plus lucide que la peur ? »

Malgré cette Équation quasi inextricable, quel autre choix ai-je que de la résoudre ?

Kyrie Eleison.

Ne m’importe que mon mariage.

Ne m’importent que la Grâce & l’Honneur.

 

 

 

 

 

Nous inventons et alimentons nos propres peurs

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Alpha. Duel. Pacifier.

Si vous avez déjà lu mon premier article alors vous savez déjà sommairement ce que j’ai vécu avant cette rencontre avec l’Alpha. Oh bien sûr, au début, on a affaire à un loup solitaire et mélancolique, un gentil loup parfaitement sensible à vos émotions et vos désirs. Mais sous la fourrure, c’est tout autre chose…

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Survivre. Don de Soi. S’élancer.

« L’instinct maternel est divinement animal. La mère n’est plus femme, elle est femelle. » Victor Hugo

Être une épouse de pure tradition, c’est se sacrifier. Sacrifier de soi-même, de son temps, chaque jour, pour être « la Meilleure », meilleure pour son foyer, meilleure pour soi-même bien sûr, mais aussi pour « les autres ».

Se préparer au combat, telle la louve qui de son plus primitif instinct, connaît parfaitement sa place dans la meute et s’y sent en toute sécurité, éduque ses louveteaux avec tendresse mais aussi de ses crocs acérés. Celle qui apprend aussi, lorsqu’il le faut, à faire profil bas afin de préserver sa meilleure énergie pour l’équilibre de toute SA tribu.

Meilleure, sans cesse meilleure, pour Dieu aussi, et surtout. Tel est le sens de ma vie : Épouse avant tout.

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